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Allocution au stage de mars 2016

 

Monsieur le Président de la SJLLF, Madame la Secrétaire Générale, Madame la Directrice des cours à l’Institut français de Tokyo, chers stagiaires, et chers collègues,

En tant que président de la SJDF, je suis très honoré de prendre la parole en ce début du stage de mars pour vous féliciter de votre participation à cette formation. Organisée conjointement avec la SJLLF et l’Ambassade de France, cette formation pédagogique date de 2009, mais son origine remonte à 1963, en quoi elle s’inscrit déjà depuis plus d’un demi-siècle dans la culture éducative japonaise.

L’enseignement du français forme le socle commun du travail des enseignants de français au Japon, au-delà de leurs spécialités, littérature, linguistique et didactique. Et la diplomatie culturelle d’influence du gouvernement français est fortement appuyée sur les actions éducatives et culturelles des acteurs que nous sommes, de sorte qu’entre tous les acteurs ici présents, existe un partenariat cordial.

Votre engagement en faveur de l’enseignement du français est digne d’éloges, alors même que l’enseignement des langues autres que l’anglais est menacé et parfois même supprimé, dans un contexte plus général où notre Ministère de l’Éducation et de la Recherche prend pour cible l’ensemble des sciences humaines, critiquées comme des disciplines d’enseignement supérieur peu rentables. L’enseignement du français n’étant pas épargné par cette idéologie d’inspiration néolibérale, nous sommes tous appelés à combattre contre la pensée unique et la langue unique.

La SJDF ne s’intéresse pas uniquement à la pédagogie du français au sens strict du terme, mais également à son aspect didactique et social. Il faut s’interroger sur ce qui justifie de façon intrinsèque l’enseignement du français. Pourquoi nous enseignons le français ? et pourquoi nos étudiants apprennent le français ? Ces questions n’appellent pas de toute évidence une seule réponse et c’est dans notre situation concrète d’enseignant que résident bien des éléments de réponse.

Malgré cette conjoncture peu favorable, vous avez choisi ce stage de l’enseignement du français et vous avez eu raison. Car la méthodologie constitue une des voies les plus efficaces pour valoriser l’enseignement des langues. La professionnalisation des enseignants représente un des enjeux centraux du monde éducatif, et nous ne sommes pas indifférents à cette exigence qui nous permettra de mieux convaincre nos collègues, nos étudiants et notre société de l’importance de l’apprentissage du français. N’oublions pas que l’histoire des stages de méthodologie remonte même à la fin du XIXe siècle en France. Afin de renforcer et aménager l’enseignement du français, Ferdinand Brunot, éminent linguiste et auteur d’une monumentale Histoire de la langue française, a organisé les premiers cours de vacances à l’Alliance française en 1894, privilégiant trois aspects, la langue, la littérature et la civilisation. C’est ainsi qu’est né le modèle didactique du stage à la française.

A cet égard, ce stage de mars ne néglige pas la tradition de la culture éducative, mais il est mieux contextualisé de façon à répondre aux besoins de nos apprenants, de nos professeurs et de notre société. La contextualisaton de l’enseignement des langues nous préoccupe dans la mesure où la rencontre en classe de langue entre l’enseignant, l’apprenant et la méthode constitue toujours une situation singulière, qui ne saurait se répéter à l’identique. Le stage vous présentera, non pas des idées toutes faites, ni des recettes à appliquer dans la salle de classe, mais des idées novatrices, capables de rendre les cours plus attrayants et plus dynamiques.

Je vous souhatite donc un stage fructueux et j’espère vous retrouver très bientôt au congrès de la SJDF.

NISHIYAMA Noriyuki,
président de la Société Japonaise de Didactique du Français (SJDF)

 

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